08.07.2006

Zizou, héros des temps modernes...

L'adage est bien connu. En période de crise, quand pas grand chose ne va et que le monde ne semble plus tourner rond, l'un des remèdes les plus souvent utilisés consiste en se représenter des idoles qui vous font rêver, espérer, croire que demain tout ira mieux. Zizou fait incontestablement partie de ces personnages au statut si particulier. Et pourtant, rien ne laissait présager que ce footballeur au talent incontestable, mais d'un naturel si réservé, devienne ainsi l'idole de tout un peuple.

Deux coups de tête ont d'abord suffi à le faire entrer dans la légende du football un certain 12 juillet 1998. C'est sans doute ici qu'il faut chercher la première explication d'un tel amour. Zidane est l'un des premiers symboles d'une France qui gagne, sentiment qui est véritablement apparu à partir de cette date chez tous les français. Oubliées les désillusions du passé, la demi finale perdue dans les conditions que l'on connaît à Séville en 1982, ou encore le poteaux carrés synonymes de défaite pour les supporters stéphanois. C'est en vainqueur que la France se réveille au lendemain du match contre le Brésil, puis deux ans plus tard pour l'Euro 2000. Et s'il fallait ressortir un homme de cette équipe de héros, c'est forcément Zidane qui vient à l'esprit de tous, le numéro 10 de l'équipe, le créateur, le génie souvent décisif. Celui que les jeunes supporters aiment à faire floquer derrière leur maillot, celui qui fait rêver tout simplement... Mais au dessus de tout, celui qui fédère un peuple miné par le racisme et le communautarisme.

C'est le deuxième point important à mon sens quand on évoque Zidane. La fameuse génération "black, blanc, beur". La France entière s'est prise de passion pour cette équipe et pour la diversité des joueurs qui la composaient. A bien y regarder, on peut se dire que cette mode n'aura en réalité été qu'un feu de paille. Les élections d'avril 2001, puis les émeutes dans nos banlieues nous ont vite ramené à la dure réalité. Toutefois cet élan de nationalisme quelles que soient nos origines aura eu le mérite de nous rassembler tous. Et l'exemple Zidane nous montre bien que l'immigration peut être une réussite, qu'un homme de couleur peut devenir le personnage le plus aimé des français, et que malgré nos origines nous sommes tous français, n'en déplaise à certains.

Mais si un homme si discret et si réservé a réussi à faire avancer les choses, il le doit d'abord et avant tout à son talent balle aux pieds. Car Zidane est ce qui s'est fait de mieux en matière de football. Ses gestes techniques éblouissent les fans du monde entier. La planète semble s'arrêter de tourner quand Zizou s'empare du ballon et on attend alors l'éclair de génie qui va changer la destinée du match. Qui ne se souvient pas de son fabuleux lob avec les Girondins de Bordeaux contre le Betis de Séville, ou de son incroyable reprise de volée en finale de Ligue des Champions avec le Real en 2002 ?? Ses passements de jambes, roulettes ou double contacts sont autant de gestes qui resteront dans la mémoire collective, d'autant plus que chacun d'eux aura bénéficié à son équipe et ne n'aura pas seulement servi à amuser la galerie. Zizou n'a jamais cherché à tirer la couverture à lui, il a toujours privilégié la réussite collective sur le beau geste de trop qui fait au final perdre son équipe.

Sa carrière parle d'elle-même, Zizou a tout gagné, et dimanche soir, au terme de son dernier match officiel, il pourrait bien ajouter une dernière ligne à son fabuleux palmarès. Et quelle ligne !!! Mais qu'importe en réalité. Il n'a plus rien à prouver à ses détracteurs, s'il en existe encore. Il restera grand quelle que soit l'issue de la finale de dimanche, comme il est resté grand après les quelques accrocs qui ont émaillé son parcours. Toutefois en grand professionnel qu'il est, ne comptez pas sur lui pour ne pas donner jusqu'à ses dernières forces pour rendre encore un peu plus fière de lui son pays. Lui qui n'a eu en tête cette année que cet objectif du 9 juillet compte mener la France encore plus haut. Et s'offrir un final en apothèose, pour rentrer encore un peu plus dans la légende.

Alors oui, je suis français et sans doute pas très objectif quand je parle de mon idole. Zizou n'est pas parfait, il reste un homme capable d'erreurs comme de coups de sang. Mais que celui qui n'a jamais été ébloui par la classe et le génie de ce Monsieur lui jette la première pierre... Ciao l'Artiste, et merci !!!

NiKo

06.07.2006

France - Portugal (1-0) : Un match pour l'histoire !!!

L'équipe de France n'en finit plus d'enflammer les Champs Elysées. Les Bleus seront en effet au rendez-vous annoncé et martelé par Raymond Domenech depuis plusieurs semaines, pourtant si improbable après les deux premiers matchs du mondial. Le jubilé de Zizou, annoncé prématurément par les journalistes espagnols puis brésiliens, sera à la hauteur de la carrière du n°10 français. Une finale de Coupe du Monde, la deuxième de l'histoire du football français, huit ans après le triomphe de St Denis. Ils seront huit à revivre sur le terrain le match dont tous les footballeurs rêvent. Mais c'est tout un groupe qui mérite cette qualification. 23 joueurs et un staff technique qui a toujours cru dans ses possibilités, et ce même au plus bas de la vague. La France est en finale et elle le mérite.
Si les Bleus sont encore vivants aujourd'hui, ils le doivent d'abord à leur défense de fer, qui a dégoûté (excusez du peu ...) les attaquants espagnols, brésiliens et portugais. Le parfum de Coupe du Monde donne des ailes à un Thuram immortel qui semble avoir fait des demies finales son rendez-vous. Double buteur en 1998, il n'a pas eu aujourd'hui à faire montre de ses talents de buteur, mais a superbement muselé les véléïtés offensives portugaises pour être incontestablement désigné joueur du match. A ses côtés, Gallas a parfaitement tenu la baraque, comme il a pris la bonne habitude de le faire depuis son repositionnement dans l'axe de la défense française. Sagnol, à droite, a fait preuve de la hargne qui le caractérise pour repousser le très remuant Cristiano Ronaldo, sans doute le meilleur portugais ce soir mais aussi le plus tricheur... Seul Abidal a parfois été dépassé par les dribbles de Figo, mais sans concéder toutefois de réelle occasion au vétéran portugais. En fait l'essentiel des actions dangereuses sont venues de tirs lointains, rarement cadrés de la part de Deco, Maniche ou Cristiano Ronaldo. Mais comme face au Brésil, la défense française est restée totalement hermétique. A ce niveau de la compétition, c'est essentiellement sur ce point que la victoire se joue. Et si les Bleus n'ont pas démontré un jeu offensif décisif, ils ont eux trouvé la faille et fait la différence.
Car les équipes finalistes ces dernières années, et si on met de côté la dream team brésilienne, ne sont pas celles qui offrent le spectacle le plus abouti, mais bien celles qui s'appuient sur une défense infranchissable et qui font preuve d'un réalisme sans faille pour faire la diffèrence. Ainsi, exit l'Espagne ou l'Argentine, éternels favoris jamais au rendez-vous des finales. Les deux demies finales qui nous ont été proposées cette année auront parues bien tristounettes aux spectateurs non supporters, mais tellement intenses pour nous français, italiens, allemands ou portugais. Elles représentent parfaitement ce qu'est le football de haut niveau aujourd'hui. Des confrontations équilibrées où la tactique prend le pas sur le spectacle. Des matchs qui se jouent sur des détails, et où le moindre geste peut à lui seul décider de l'issue de la rencontre. Hier soir, c'est ce malheureux réflexe de Ricardo Carvalho qui aura suffi à envoyer les Bleus en finale, non sans oublier la transformation du penalty de Zizou face à un maître dans l'exercice à lui seul tombeur des anglais au tour précédent, Ricardo.
Un tel constat ne peut qu'expliquer la pression énorme supportée par les arbitres de ce genre de matchs. Car comme ce fut le cas hier, c'est eux qui tiennent dans leur main la destinée d'un match, d'une équipe, d'un pays. Si la décision de M. Larriondo de siffler le penalty décisif ne souffre d'aucune contestation, il convient également de féliciter l'uruguayen de ne pas être tombé dans le piège de portugais simulateurs trop souvent au sol dans la surface de réparation française. Car le football actuel, c'est aussi ça. Profiter des faiblesses du système pour tenter d'inverser la situation dans son sens, et ce quite à bafouer les lois du sport.
Le portugais Cristiano Ronaldo semble résumer à lui tout seul les mauvais côtés du football de haut niveau d'aujourd'hui. Doté d'un talent technique et d'un physique hors norme qui pourraient l'amener aux sommets de la planète foot, le joueur (ex ?) de Manchester United se fait malheureusement plus remarqué par ses provocations, ses simulations et ses déclarations, que par ses buts ou éclairs de génie. Apparemment dépité de ne pas avoir réussi à duper l'arbitre du match sur ses nombreux plongeons, il s'en est tout naturellement pris à ce dernier pour expliquer la défaite de son équipe. Attitude déplorable, mais malheureusement prévisible, pour un enfant gâté qui ne respecte rien...
Toutefois, il serait injuste de réduire le football à ce pitoyable exemple. Luis Figo s'est en effet lui comporté comme un vrai champion déclarant : "En football, parfois on perd, parfois on gagne. Nous avons tout fait pour aller en finale, mais nous n’y sommes malheureusement pas parvenus. On doit être fiers de notre parcours et on peut sortir la tête haute". L'intériste a annoncé son intention de quitter la sélection lusitanienne à la fin de la compétition, et aurait mérité une fin en apothèose... Mais le football peut être aussi cruel qu'il n'est beau, et il choisit finalement toujours son vainqueur...
La finale du 9 juillet s'annonce déjà comme la revanche de deux équipes critiquées et descendues par le monde entier avant le début de ce mondial. Elle démontre ainsi qu'en sport, rien n'est jamais joué à l'avance. Français et Italiens tenteront de faire durer le rêve de deux peuples qui ont bien besoin de cela pour sortir des crises qui secouent les deux pays. Mais pour l'instant, profitons de ce fabuleux élan et continuons à y croire !!!
 
Vive la france, Allez les Bleus !!!
 
NiKo